50 nuances de Grey / E. L. James

50 nuances

Je commence par là, et j’enfonce d’ailleurs de nombreuses portes ouvertes, ce livre est terriblement mal écrit, l’auteur semble n’avoir choisi que trois traits de caractères et trois adjectifs pour assaisonner la description de chaque personnage tout au long du roman. J’ai donc le regret de vous annoncer que vous n’y apprendrez pas grand chose sur la subtilité de la psychologie humaine.:)

Deuxième nouvelle, qui ne cassera pas non plus trois pattes à un canard, dans le genre soupe au lait, ce roman frise l’excellence de l’art. Dès la première seconde, les amateurs de roman à l’eau de rose en conviendront, tous les ingrédients sont réunis. La pauvre et sensible et jolie et gentille jeune fille rencontre le riche et très beau et charismatique M. Grey. Je vous avoue qu’il m’arrive de me délecter de ce genre de sensiblerie, et qu’il est très agréable de se tordre de rire quand tous les canons de la chick lit sont présentés avec de gros sabots.

Laissons là les questions de forme, parlons maintenant du fond. Je pense faire partie d’une catégorie bien représentée parmi les lecteurs de ce livre, à savoir celles des jeunes femmes qui n’ont pas l’habitude de lire des romans érotiques mais qui ont eu envie de lire ce bouquin parce que les copines n’arrêtaient pas d’en parler. Je ne suis donc pas la meilleure juge pour évaluer l’inventivité des jeux sadomasochistes mis au point par Grey. Je dirais donc juste que le thème du roman m’a intriguée même si certaines scènes m’ont parues assez glauques.

Je m’étendrais davantage sur le personnage d’Ana. Mon côté légèrement féministe s’est trouvé très agacé par la renonciation facile de ce personnage qui est totalement esclave de son désir et de Grey. Sans même être véritablement liée affectivement à lui, elle accède à tous ces souhaits, ou plutôt à ses ordres, très nombreux, et même les plus ridicules. Mais qui suis-je pour juger des fantasmes de M. Grey?

Et en même temps, ne serions-nous pas tous prêts à repousser les lignes qui tracent nos principes bien pensants pour une personne qui nous envoûte et qui nous attire autant, avec une facilité déconcertante, même quand on est une petite fille bien rangée qui travaille bien à l’école?

La fin m’a un peu réconciliée avec le personnage d’Ana, et les chicks auront certainement envie de lire le tome 2.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Les Chutes / Joyce Carol Oates

Joyce Carol Oates Les ChutesCe livre est un pavé qui paraît bien dense au premier abord et qui va révéler une histoire complètement tordue et pleine de rebondissements. Heureusement la plume de Joyce Carol Oats est légère. On suit Ariah de son premier mariage à l’adolescence de ses enfants donc sur quasiment 30 ans. L’atmosphère de ce livre est au départ un peu glauque. Une atmosphère brumeuse du milieu du siècle dernier au bord des chutes du Niagara, chutes qui restent le fil conducteur du roman.

L’époux d’Ariah Littrel se suicide sans raison apparente dans les chutes le lendemain de leur mariage. Un drame pour la jeune femme : qu’a-t-elle fait de mal ? Pendant qu’on recherche le corps, un avocat s’intéresse à Ariah, fasciné par son courage étrange. Un mois plus tard devant parents et témoins dubitatifs elle convole avec cet homme et s’installe dans une petite maison, ainsi commence la deuxième partie du livre. Ils auront 3 enfants, Chandler le timide, Royall qui porte bien son nom et Juliet la petite dernière. On se retrouve alors sans crier gare dans un drame écologique. Niagara Falls est construite sur des terrains toxiques, les enfants de certains quartiers développent des affections graves sans que les pouvoirs publics ne s’alarment. L’intrigue reprend avec une femme pauvre qui demande à l’aide, l’avocat (l’époux d’Ariah) qui se prend de passion pour défendre cette noble cause… et délaisse sa famille. Le tout sur fond de corruption, de violence, de non-dits et de drame familial.

L’histoire est bien écrite, intense et se lit réellement d’une traite. Elle aborde toute sortes de sujets plus ou moins « graves ». Il est rare de retomber sur un si bon roman de nos jours. La psychologie des personnages est une grande force de ce roman. J’avais en revanche peur du drame final étant donné la tournure que prenaient les évènements, mais finalement la fin est heureuse.

Merci Anne-Lise de m’avoir conseillé cette lecture :-). J’attaque de ce pas fille noire, fille blanche, du même auteur qui va j’espère devenir l’un de mes favoris.

2 Commentaires

Classé dans Roman

Vingt ans après / Alexandre Dumas

Dumas reprend l’histoire des quatre fameux amis 20 ans après les aventures des 3 mousquetaires.

On retrouve un D’Artagnan blasé qui croupit au poste de chef de la garde des mousquetaires, certes honorable mais qui ne reflète pas ses exploits du passé. Il est un jour rappelé par le cardinal Mazarin, dans une position très inconfortable car détesté par le peuple. Il part alors à la recherche de ses amis, éparpillés aux quatre coins de la France. Que sont ils devenus après tant de temps passé sans se voir? Leur amitié sera t-elle toujours intacte alors que cette époque troublée les amène à devoir choisir leur camp?

On est très heureux de se plonger (ou de se replonger) dans l’histoire des mousquetaires et on a la joie de (re)découvrir les personnalités des quatre compères, si bien brossées par Dumas. Leur amitié est très touchante et la solidité de leurs liens peut en émouvoir plus d’un. Le rythme effréné de leurs aventures ainsi que les multiples interpellations de l’auteur au lecteur rendent le récit très vivant. Le récit nous propulse au coeur de l’Histoire où on assiste à la bataille pour conserver le pouvoir des deux amants, Mazarin et Anne d’Autriche, ou outre manche, aux derniers moments du roi Jacques Ier, acculé par l’implacable Cromwell.

Le roman constitue le deuxième tome de la trilogie qui narre les aventures des 4 mousquetaires. Il s’agit à mon avis de la plus grande oeuvre de Dumas. J’ai beaucoup apprécié les divers changements de ton où l’on passe de la joie à la tristesse, où on est ému ou on rit aux larmes des bêtises sorties par Porthos. Pour ceux qui ont aimé, vous pouvez prolonger le plaisir avec la lecture non moins délicieuse du Vicomte de Bragelonne

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Une enfance australienne / Sonja Hartnett

Bon il ne faut pas que le blog s’endorme !!! On se rend vite compte que la difficulté n’est pas de lire mais plutot d’écrire… on a plusieurs livres de retard et pas le courage de rattraper le retard accumulé. Vite, il faut y remédier !

Parlons d’une enfance australienne, que j’ai lu il y a quelques semaines…

Adrian est un enfant pour qui la vie peut s’effondrer à la moindre occasion. Une seule petite difficulté suffit à le briser. Devant la fenêtre, il se laisse envelopper par l’inquiétude ; la marée des soucis lui soulève le coeur. Ses yeux gris s’humectent. Ses angoisses semblent vouloir s’infiltrer. Il n’a que neuf ans, mais le monde tente déjà de le submerger.

Le titre, la méconnaisance de l’auteur, mais surtout le titre, c’est ce qui m’a attirée dans ce livre. On arrive dans l’histoire d’un gosse de 9 ou 10 ans, Adrian, qui cherche sa place dans une banlieue australienne lambda, loin d’être décrite comme le paradis que j’imagine.

Il vit avec sa grand-mère qui l’éduque avec autorité et son jeune oncle  dépressif qui reste enfermé dans sa propre détresse et son histoire elle aussi tragique.

L’histoire débute par la disparition de 3 enfants que Adrian ne connait pas mais qui par la proximité du lieu de l’enlèvement et de l’âge d’adrian le tracasse. Ces 3 enfants seront le fil conducteur de l’histoire. Adrian est un enfant solitaire, il n’a pas presque d’ami jusqu’au jour où  Véro arrive avec son frère, sa soeur, son père et sa mère malade et s’intalle en face de chez lui.

Ce qui m’a marqué dans ce livre c’est aussi l’histoire de « la jument » camarade de classe d’Adrian, tête de turc dans la petit école. Elle n’est pas comme les autres. Elle est décrite jusqu’au bout comme ayant l’attitude d’un cheval « sa bride », j’avoue meme avoir mis un peu de temps à comprendre qu’elle était juste « différente », soit autiste, soit atteinte d’une forme de retard mental, que les yeux du petit Adrian ne peuvent pas identifier. Elle tente de se suicider depuis le toit de l’école, acte très dérangeant pour tout le monde.

La fin arrive, tragique, je dois dire que je m’y attendais un peu comme si toute cette histoire tirait vers la catastrophe. Mais quand même, j’ai refermé le livre avec moins de bonheur que d’habitude, de la frustration que cela se termine si mal pour le petit garçon qu’on avait appris à aimer.

Ce livre n’est donc pas très joyeux, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai eu du mal à y voir de l’espoir.. c’est pourquoi je ne le recommande pas vraiment meme si c’est bien écrit.

Poster un commentaire

Classé dans Roman

La délicatesse / David Foenkinos

A cause de la moquette, on n’entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c’est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?

La délicatesse est un livre souvent mis en avant en ce moment dans les libraires. Assez court, il semble bien écrit. La quatrième de couv est attrayante, c’est parti !

Bon ça fait déjà plusieurs semaines que je l’ai lu, et mes souvenirs commencent à être flous. D’ailleurs j’étais persuadée que le personnage principal du roman, Nathalie, travaillait chez Ikéa, en fait apparemment non, à vérifier !

L’histoire commence dans un monde presque parfait et joyeux au possible, pour d’un coup prendre un tournant inattendu quand le bien aimé de Nathalie, François, meure tragiquement dans un accident de footing.

S’ensuit la longue remontée à la surface et à la vie de Nathalie, retourner au travail, reprendre goût aux sorties, et, plus difficile retrouver l’amour, ce dont elle n’a aucune envie. C’est « une femme qui vit dans un monde arrêté ». Elle se noit d’abord dans le travail, puis est promue tout en repoussant les avances de son chef pour finalement de fil en aiguille s’encanailler d’un homme que ses collègues trouvent quelconque, voire tue-l’amour. L’homme, séducteur plus que débutant s’accroche « avec délicatesse » et séduit autant Nathalie que le lecteur. L’histoire se termine sur un bonheur plus ou moins retrouvé, et surtout une note très positive. On passe du drame, à la légèreté puis à l’espérance.

Finalement Nathalie est une veuve audacieuse puisqu’elle embrasse un jour sans crier gare Markus, un collègue de travail. Markus quant à lui est un personnage très touchant, à la réflexion angoissée et qui donne beaucoup d’humour à ce roman.

Fait original, Le livre est entrecoupé de citations bien à-propos piochées un peu partout (Maupassant,  Malevitch, et même Ségolène Royal) ou simplement de définitions, de classements, de recettes ou d’anecdotes absurdes telle « nombre de paquets de krisprolls vendus en 2002 » posé en réponse à l’habitude du chef harceleur d’en manger toute la journée…

Poster un commentaire

Classé dans Roman

Un monde sans fin / Ken Follet

L’histoire débute en 1327. Quatre enfants de la ville de Kingsbridge sont témoins d’une scène dont ils devront toujours garder le secret. On suit ces quatre personnages, Merthin et son frère cadet Ralph, Caris et sa nouvelle amie Gwenda, depuis leur enfance jusqu’à leur maturité. S’ils empruntent des directions radicalement différentes, leurs destinées sont bel et bien imbriquées.
Merthin et Caris s’aiment depuis l’enfance, mais ils sont tiraillés entre la poursuite de leurs rêves et leur histoire d’amour. Merthin, de jeune garçon intelligent devient un bâtisseur aux idées révolutionnaires. Caris est une femme forte est déterminée. Elle s’érige d’ailleurs en exemple pour la cause féministe :), en aucun cas elle ne souhaite sacrifier son indépendance ainsi que sa carrière médicale comme l’aurait généralement fait une femme de son époque. N’ayant pas comme son frère la lumière à tous les étages, Ralph, dès son plus jeune âge, s’y retrouve mieux au milieu des chevaliers et des champs de bataille et s’y entend mieux à son langage binaire se décomposant en bravoure ou en lâcheté. Il y perd finalement son âme ainsi que toute notion du bien ou du mal. Gwenda n’a que son courage et sa débrouillardise pour conquérir l’élu de son coeur et lutter contre sa condition misérable de serve.
La peste noire et la guerre de Cent Ans viennent bouleverser leur existence. La « gran moria » qui décime les populations d’Europe n’épargne pas la ville de Kingsbridge.
On suit avec délectation les aventures de certains personnages plein d’astuces, en particulier celles de Merthin, de Gwenda et de Caris. On est saisi de doutes lorsqu’un obstacle se dresse devant eux et on frémit d’excitation quand une solution brillante se fait jour dans leur esprit et qu’ils mettent tout en oeuvre pour la réaliser. On se passionne ainsi pour les plans novateurs de Merthin qui rénove la cathédrale de Kingsbrige ou reconstruit son pont, ou pour les découvertes médicales de Caris et son sens inné de la gestion. On est également plongé dans une autre époque grâce aux minutieuses descriptions de Ken Follet, réalisées avec force de réalisme. Certes, l’existence de la cathédrale de Kingbrige est une invention purement fictive de l’auteur gallois, mais les détails relatifs à la bataille de Crécy, aux jeux de pouvoir entre la guilde commerçante et l’Eglise, ou encore au passage du servage au métayage sont parfaitement documentés.
On peut cependant reprocher des longueurs à ce roman long de près de 1300 pages. Cette remarque ne surprendra personne car à ce jour, peu d’auteurs ont su justifier une telle ampleur par l’excellence de leur écrit. Les rebondissements se font souvent suivant le même schéma où le brillant Merthin et la brave Caris voient leurs projets, qui pourtant pourraient tellement améliorer la vie de la communauté, sabotés par le prieur Godwyn, jaloux de son pouvoir, et par son âme damnée, Philémon. Les personnages souffrent également d’une étoffe psychologique très légère. L’auteur les range soit sur l’axe de l’intelligence et de la bêtise, soit sur l’axe de la générosité et du mal. Mais la critique principale que l’on pourrait adresser à ce roman repose sur l’évident parallélisme que l’on peut réaliser avec les Piliers de la Terre, dont ce roman est la suite, se déroulant deux cents ans plus tard. On remarque de nombreuses similitudes entre les deux tomes, dont la plus flagrante est certainement celle entre le couple Merthin le Ponthier/Caris et le couple Aliéna/Jack le Bâtisseur.

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

La semaine où Jérome Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial / Hugues le Bret

On est en plein dans l’événementiel, bon avec un peu de retard puisqu’on a beaucoup entendu parler de ce livre à sa sortie il y a 6 mois (opportunément le lendemain du verdict du procès Kerviel ?)… Je me souviens qu’à la bnp par exemple les traders étaient plongés dedans. Mieux vaut tard que jamais .. 🙂

5 ans de prison dont 3 fermes et 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts à rembourser par le trader déchu à la banque plaignante. Ce n’est pas négligeable. Il y a quand même une longue histoire derrière..
On revit dans ce livre toute l’affaire Kerviel à travers l’oeil de l’adjoint de Daniel Bouton et directeur de la com de la SoGé, Hugues le Bret. C’est donc d’abord un plaidoyer pour la banque… On revit l’histoire « de l’intérieur » après l’avoir vécu dans les médias « de l’extérieur ». Cette réaction des médias est d’ailleurs disséquée. Les relations entre la presse économique et les dirigents de la SG sont en fait plus qu’entendues. Dans ce livre en revanche, aucune compassion pour le trader, contrairement à tout ce qu’on a pu lire pendant l’affaire, et peu d’arrêt sur le système qui l’a formé, formaté.
Ce qui m’a intéressé c’est surtout la préparation minutieuse du plan de communication lors de la crise. Tout est réfléchi, même si dans l’urgence il y a quelques écarts. Attention, Hugues le Bret déclare qu’il nous donne « sa » vérité.. ce n’est pas forcément LA vérité. Ce qu’on nous enseigne si bien, c’est qu’un directeur de communication ne dira que ce qu’il veut dire. Daniel Bouton, « intelligent », « froid » mais « ventripotent » (quel détail !) finira par perdre son sang froid et son flegme habituel, il craque avant la fin de la crise. Hugues le Bret ne nous dévoile en fait que des choses « anodines » ou dont on se doutait, pas de grande révélation, mais d’autres outils pour comprendre mieux l’affaire Kerviel et se la remémorer.
J’ai lu ce livre en quelques heures, on se prend au rythme. Le suspens est au rendez-vous, on est dans le même stress que les cadres dirigeants de la banque ce week end du 20 janvier 2008. La finance mondiale a-t-elle réellement failli tomber ?
A noter que depuis Hugues le Bret s’est reconverti et a ouvert un cabinet de conseil en… gestion de crise ! Il semble qu’il ait été remercié et n’ait pas démissionné de Boursorama comme il l’avait annoncé. Pourquoi ? pour avoir révélé les tentatives de rapprochement de la BNP ? ou la colère de Nicolas Sarkozy n’ayant pas été mis au fait des événements dans les temps ?)

1 commentaire

Classé dans Uncategorized